Requiem - Offertoire - Fauré
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En naviguant sur notre site, découvrez les différentes parties du Requiem de Gabriel Fauré,

donné lors de la saison 2018.

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Grands utilisateurs de textes sacrés à l'origine d'une abondante production de musiques sublimes, la plupart des compositeurs, quelles que fussent les époques, n'ont pas craint de puiser dans la littérature profanebucolique, galante, voire coquine, toujours ciselée par les mains d'orfèvres de la langue, mais aussi issue de la tradition populaire. 

Ces écrits ont donné corps à d'inestimables opus tels ceux de Schubert, Malher, Strauss... mais également de superbes pépites comme celles que nous proposons ici grâce aux plumes de Herder, de Sylvestre, de Montesquiou-Fezensac, de Victor Hugo ou d'anonymes.

Dès lors langage musical et musique des mots ne font qu'un. 

La poésie romantique aux mains de trois géants de la musique.

Quoi de commun entre Berlioz, Fauré et Brahms ? Bien peu de choses, pourrait-on dire au premier abord, si ce n'est leur appartenance au XIXe siècle, du romantisme naissant et exalté du premier au romantisme tardif et apaisé du dernier en passant par le mouvement de rénovation dont Gabriel Fauré est un des précurseurs. 

Et pourtant ! On retrouve dans Les Djinns de Fauré le même univers fantastique que dans Le Ballet des ombres de Berlioz, si fréquent chez les grands compositeurs allemands du XIXe siècle. 

Et pourtant ! Si tout semble opposer les vastes fresques sonores du "bruyant" Berlioz et du "ténébreux" Brahms aux oeuvres beaucoup plus intimes et discrètes de Fauré, comme la Pavane ou le Madrigal, tout, loin de là n'est pas que fracas chez Berlioz (encore le Ballet des ombres), tout, loin de là n'est pas que sombre et sérieux chez Brahms qui sait faire revivre dans ses Chants tziganes, la poésie et la musique folklorique avec grâce, humour et une indéniable vivacité.

À bas les idées reçues, donc, et retrouvons dans la diversité des oeuvres proposées ce qui peut les unir dans un même concert.

Johannes Brahms (1833-1897)

Hambourgeois de naissance, Brahms a beaucoup composé dans tous les genres musicaux, à l'exception de l'opéra.

Sa musique instrumentale est la plus connue  : 4 symphonies, 4 concertos, 2 ouvertures, de la musique de chambre pour duos, trios, quatuors, quintettes, sextuors parmi lesquelles dominent les compositions tardives et d'une poésie sublime autour de la clarinette, nombre de pièces pour piano dont 3 sonates dans sa prime jeunesse. 

Ami intime du couple Robert et Clara Schumann, il a composé tout au long de sa vie de la musique religieuse (dont le Requiem allemand) ainsi qu'une centaine de mélodies (Lieder). C'est pourtant dans le domaine de la musique chorale, paradoxalement le moins connu, qu'il a donné ses oeuvres les plus nombreuses et variées, a cappella, accompagnées au piano ou à l'orgue, voire aux cors et harpe, enfin à l'orchestre, parmi lesquelles on trouve des compositions d'inspiration populaire comme les Liebesliederwalzer et les Zigeunerlieder. 

La situation de Hambourg, ville libre s'administrant elle-même, un peu en dehors du destin politique de l'Allemagne, a certainement influencé le caractère de Brahms et imprégné sa musique. Mais c'est à Vienne qui le reçut si bien, que s'achève le parcours de celui qui fut considéré comme le plus grand compositeur Allemand après la mort de Wagner.

Gabriel Fauré (1845-1924)

Entre la génération romantique de la 1re moitié du XIXe siècle et le courant moderniste à l'aube du XXe siècle, il aurait pu n'être qu'un respectable maître de chapelle et organiste mais il a su tirer le plus grand profit des enseignements reçus et de sa maîtrise du plain-chant, de la Renaissance à des grands classiques.

À l'écart des grands courants qui l'entourent, sans précurseur, sans successeur, inimitable, il crée un langage très personnel avec ses tournures modales, son refus de la virtuosité gratuite et des grands contrastes au profit

d'un discours où les forces mélodiques s'équilibrent en de subtiles nuances. Ses pièces pour piano (barcarolles, nocturnes, préludes), sa musique de chambre (sonates, trio, quatuors, quintettes), ses nombreuses mélodies où musique et poésie s'unissent à la perfection ou encore son célébrissime Requiem témoignent de sa profonde sensibilité. Un mot peut suffire à qualifier son art : la fluidité. Elle lui permet de combiner archaïsme et modernité et d'exprimer ainsi une beauté à la fois mystérieuse et sereine.

Hector Berlioz (1803-1869)

Né à La Côte-Saint-André dans l'Isère, autodidacte avant même de monter à Paris pour des études de médecine, il parachève sa formation au conservatoire et obtient le Prix de Rome en 1830 alors qu'il est déjà l'auteur de la Symphonie fantastique, chef-d'oeuvre du romantisme musical français. Malgré son mépris pour l'Italie et sa musique, il revient de son séjour à Rome riche de futurs chefs-d'oeuvre en gestation. Avant tout fasciné par l'opéra, il n'en écrit que quatre dont trois sont prévus pour la scène : Benvenuto Cellini, Les Troyens

Béatrice et Bénédict, sa Damnation de Faust étant conçue comme une légende dramatique pour le concert. Mais toute son oeuvre est celle d'un dramaturge accompli qui transcende les genres, comme dans son mélologue "Lélio ou le retour à la Vie" (2e partie des Épisodes de la Vie d'un Artiste dont la Symphonie Fantastique est la 1re partie), sa symphonie dramatique "Roméo et Juliette", sa symphonie avec alto principal "Harold en Italie", sa trilogie sacrée "L'Enfance du Christ" ou encore son Requiem et son Te Deum. Père de l'orchestre moderne, il est encore mal connu et apprécié à sa juste valeur dans son propre pays, davantage en Angleterre, Allemagne ou Russie.

PROGRAMME COMPLET

 

Gabriel Fauré (1845-1924)

Pavane op. 50

(Robert de Montesquiou-Fezensac)

Hector Berlioz (1803-1869)

Le ballet des ombres op.2

(Herder/Du Boys)

Gabriel Fauré (1845-1924)

Madrigal op.35

(Armand Sylvestre)

 

Gabriel Fauré (1845-1924)

Les djinns op.12

(Victor Hugo)

 

Johannes Brahms (1833-1897)

Zigeunerlieder op.103

(Anonymes)

   He, Zigeuner 

   Hochgetürmte Rimaflut

   Wißt irh, wann mein Kindchen

   Lieber Gott, du weißt  

   Brauner Bursche

   Röslein dreie in der Reihe

   Kommt die manchmal in den Sinn

   Horch,der Wind klagt in den Zweigen

   Weit und breit schaut Niemand mich an

   Mond verhüllt sein Angesicht

Rote Abendwolken ziehn

Zigeunerlieder (Chants tziganes) op.103 de Brahms ont été composés durant l'hiver 1887-1888, à partir d'un recueil de chants populaires traduits en allemand et édités à Vienne par Hugo Conrat en tant que chants hongrois. Brahms a toujours été attiré par ces musiques issues du folklore et avait déjà eu l'occasion de les traduire (21 Danses hongroises pour piano, plus tard orchestrées) comme Liszt le faisait avec ses Rhapsodies hongroises pour piano.

Pour être exact, il faudrait cependant parler de danses ou de rhapsodies tziganes. En effet, au XIXe siècle, musiques hongroises et tziganes sont encore indifférenciées, prises l'une pour l'autre. En réalité, la musique tzigane est bien connue dans les centres culturels de Hongrie et diffusée à l'étranger en tant que musique hongroise alors que la musique hongroise authentique n'est pratiquée que dans les campagnes reculées par les paysans et donc ignorée dans le monde urbain. Ce n'est qu'au XXe siècle, grâce aux recherches ethnomusicales de Bartok et Kodaly pour identifier et recenser le patrimoine typiquement hongrois, que ce répertoire est distingué des chants de salon fabriqués à la manière populaire. 

Les Zigeunerlieder sont un ensemble de 11 pièces brèves indépendantes les unes des autres (1 à 3 minutes chacune, 20 minutes au total), bel et bien tziganes par l'emploi de rythmes irréguliers, de syncopes et par l'accompagnement pianistique qui se veut imitation des instruments populaires tziganes, cymbalum et violon. Le climat de ces chants tourne autour de l'amour, sous toutes ses formes, amour fou, amour tendre, amour jaloux, amour séduction, amour désir, amour maternel, amour fidèle, mais aussi amour trahi, amour perdu. Les pupitres de ténors et de soprani sont particulièrement sollicités puisque souvent ils lancent seuls le chant repris ensuite par le choeur entier.

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